Province À la une

DOSSIER SPÉCIAL | Le « Coup de sang » de Félix Tshisekedi à Zando : Anatomie d'un échec de gouvernance urbaine

Ce samedi, le centre-ville de Kinshasa est devenu le théâtre d'une mise au point présidentielle majeure. En effectuant une descente inopinée sur le site du nouveau bâtiment du Marché Central, communément appelé « Zando », le Président Félix-Antoine Tshisekedi a choisi de confronter directement les rapports officiels à la réalité du terrain. Ce qu'il a découvert a provoqué sa réaction immédiate : une infrastructure moderne déjà asphyxiée par l'insalubrité et encerclée par la prolifération de marchés pirates.

evitv | 25/05/2026 à 12:56 | 5 min de lecture | 965 vues | 1 commentaires
Partager :
DOSSIER SPÉCIAL | Le « Coup de sang » de Félix Tshisekedi à Zando : Anatomie d'un échec de gouvernance urbaine

Par Glodi Nguma

Kinshasa (RDC), ce lundi 25 mai 2026.

Les images, devenues virales en quelques heures, ont l’effet d’un séisme politique dans la capitale. On y voit le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, dont la colère froide et les mots tranchants ne laissent place à aucune équivoque face aux autorités urbaines médusées.

Ce n’est pas seulement un bâtiment de marché qui était au cœur de cette visite inopinée à « Zando », mais bien le symbole d’une bataille pour l'ordre et la salubrité que la ville semble, pour l'heure, perdre face à l’anarchie des marchés pirates. Devant le spectacle d'une infrastructure moderne déjà assiégée par l’insalubrité, le Président a posé la question que tout Kinshasa se répète désormais : qui commande réellement la rue ?

Notre rédaction s'est penchée sur ce dossier brûlant. De l’analyse des propos présidentiels à l’absence remarquée du premier citoyen de la ville, nous avons décortiqué les coulisses de ce recadrage qui pourrait bien marquer un tournant définitif dans la gouvernance de Kinshasa.

Un ultimatum au cœur du désordre urbain

Lors des phases précédentes du chantier, le Chef de l’État avait édicté une ligne rouge claire : aucun commerce informel ne devait tolérer d'installation aux abords immédiats du nouveau bâtiment. L'objectif était de rompre définitivement avec l'anarchie historique du site. Le constat de ce week-end a pourtant révélé un flagrant laisser-aller des services de contrôle.

Face aux étals de fortune et aux immondices qui s'accumulent déjà sur les trottoirs neufs, les propos du Président ont été sans équivoque :

« Je vous avais dit quoi ici ? Je vous avais dit quoi ? J'avais dit : je ne veux pas voir de marchés pirates autour de ce bâtiment ! Regardez ce désordre, regardez cette saleté. Est-ce que c'est ce que nous avons convenu ? »

S'adressant aux responsables du projet et à la sécurité, il a ajouté :

« Vous êtes incapables de faire respecter une consigne simple. On investit des millions pour moderniser la ville, et vous laissez les gens tout détruire avant même l'inauguration. Je ne veux plus voir un seul étalage sur ces trottoirs dès demain ! »

La politique de la chaise vide

Le dispositif protocolaire présent lors de cette inspection surprise en dit long sur la gravité du moment. Le Chef de l'État était entouré du Ministre de Finances Doudou Fwamba, du Ministre des Infrastructures et Travaux Publics (ITP) John Banza, du Vice-Gouverneur de Kinshasa, du Commissaire Provincial de la Police et du Bourgmestre de la Gombe.

Pourtant, une absence a immédiatement focalisé l'attention de la presse et des observateurs : celle du Gouverneur de la ville de Kinshasa.

Cette absence au moment même où le sommet de l'État vient sanctionner l'échec de la gestion de la salubrité urbaine soulève de lourdes interrogations. Le premier citoyen de la ville a-t-il évité d'affronter le mécontentement présidentiel ? S'agit-il d'une rupture de confiance consommée entre la Présidence et l'exécutif provincial ? Les spéculations alimentent désormais tous les débats dans la capitale.

Image d'illustration 

Vers un séisme administratif ?

L'onde de choc de ce coup de sang présidentiel pourrait rapidement se traduire en sanctions concrètes. En coulisses, trois scénarios se dessinent à l'Hôtel de Ville et au sein des services urbains :

 

Une mise sous tutelle politique : L'absence du Gouverneur et l'incapacité de son équipe à maintenir l'ordre à la Gombe pourraient précipiter des décisions radicales concernant la gouvernance de la ville-province.

Des limogeages dans la chaîne de sécurité : Le commandement de la police urbaine, incapable de sanctuariser les abords du marché malgré des instructions claires, est en première ligne pour d'éventuelles suspensions.

Une reprise en main des chantiers publics : Le ministère de tutelle pourrait se voir imposer des protocoles de sécurisation beaucoup plus stricts avant la livraison officielle des grandes infrastructures de la capitale.

 

Le message envoyé ce week-end dépasse le cadre du marché Zando. Il rappelle qu'à Kinshasa, la modernisation des murs ne vaudra rien sans une discipline de fer pour les gérer.

 

Partager :
Précédent
SUD-KIVU | Évaluation sécuritaire à l’Est : Guy Ka...
Suivant
TRANSPORT AÉRIEN | Lancement des vols Kinshasa-Bru...

Articles similaires

Commentaires 1

K
KIBUNDILA 4 months ago

Vraiment félicitations au président de la république!!!!!. Voilà pourquoi il faut faire de descente sans signaler le lieu pour voir leur vrai état, comportement,...

Laisser un commentaire